Un alphabet Abcdefghijklmnopqrstuvwxyz (de alpha et bêta, les deux premières lettres de l’alphabet grec1, dérivé de l'alphabet phénicien) est un ensemble de symboles destiné à représenter plus ou moins précisément les phonèmes d’une langue.
Chacun de ces symboles, ou graphèmes, est aussi appelé « lettre » ; chaque lettre, en théorie, devrait noter un phonème. Certaines lettres peuvent recevoir un ou plusieurs diacritiques afin d’étendre le stock de graphèmes si celui-ci est insuffisant pour noter les sons de la langue ou permettre d’éviter les ambiguïtés. De la même manière, un alphabet peut être étendu par l’utilisation de digrammes ou encore de lettres supplémentaires.
Les évolutions phonétiques d’une langue se produisant à un rythme différent de l’évolution écrite, l’écriture alphabétique ne garantit en aucune manière une correspondance biunivoque entre les phonèmes et les graphèmes, ainsi en français, /s/ se note aussi bien c, ç, s, ss, sc ou t. A contrario, s peut se prononcer /s/, /z/ ou être muet.
Certaines langues, comme le hongrois, ont toutefois une écriture quasi-phonétique. Dans la majorité des cas (hormis pour le hongrois), ce sont des langues écrites depuis peu dont la transcription au moyen de signes alphabétiques a fait l’objet d’une recherche planifiée.
Alphabet Abcdefghijklmnopqrstuvwxyz en braille
Le braille est un système d’écriture tactile à points saillants, à l’usage des personnes aveugles ou fortement malvoyantes. Le système porte le nom de son inventeur, le Français Louis Braille (1809-1852) qui avait perdu la vue suite à un accident. Élève à l’Institution royale des jeunes aveugles, il modifie et perfectionne le code Barbier. En 1829 paraît le premier exposé de sa méthode.
Un document qui n’est pas écrit en braille et qui n’est donc pas lisible par un aveugle est dit « en noir » ou « noir » (un livre en noir, par exemple).
Au XVIIe siècle, le jésuite italien Francesco Lana imagina divers systèmes d’écriture codée pour aveugles. Il conçut notamment le système Lana, un procédé d’impression en relief sur du papier épais ainsi qu’un « système permettant aux aveugles d’écrire couramment en traçant seulement des lignes et en faisant des points ».
Au XIVe siècle, le juriste musulman irakien Zayn Ud Dîn Al Âmidî qui était lui-même aveugle, imagina également un système pour que les aveugles puissent avoir accès aux livres à travers un mode de lecture particulier basé sur les noyaux de fruits.[réf. nécessaire]
Valentin Haüy fut l’un des premiers Français à s’être intéressé aux problèmes de communication rencontrés par les personnes aveugles ou malvoyantes. Né dans une famille aisée de Picardie en 1745, il étudia les langues à l’Université de Paris.
C’est sans doute cette passion des modes d’expression qui le conduisit à s’intéresser d’abord aux sourds-muets, en simple « curieux », puis aux non-voyants. Il lui semblait que leur cas ne soulevait qu’un seul problème : comment leur permettre de lire ? Il trouva rapidement une réponse à cette question en mettant au point un système leur permettant de lire ou d’écrire aussi bien des phrases que des opérations mathématiques.
Il l’expérimenta en obtenant l’autorisation de fonder une école pour enfants aveugles (en suivant l’exemple donné par l’abbé de l’Épée pour les personnes sourdes et muettes). Son écriture était composée de deux colonnes, ayant chacune de un à six points. Ainsi, les voyelles étaient identifiées par la présence d’un point sur la colonne de gauche. Le nombre de points sur la colonne de droite permettait de savoir auxquels des sons concernés on avait affaire.
Plus tard, Charles Barbier de La Serre, un ancien officier d’artillerie, se fascina pour ces recherches qui étaient, pour lui, un moyen de communication qui aurait permis aux soldats de lire et d’écrire dans le noir, sans être repérés ; mais son système n’eut aucun succès.
Il décida alors de l’adapter en faveur des aveugles. À partir de 1821, Barbier commença à expérimenter sa méthode avec des élèves de l’École autrefois créée par Haüy, et devenue Institution royale des jeunes aveugles. Le système, qu’il appela sonographie, était basé sur l’impression en relief de 12 points qui, suivant leurs associations, transcrivait 36 sons différents. Malgré la complexité et les carences de ce système, les résultats furent concluants : la lecture s’en trouva nettement améliorée. Barbier avait compris la supériorité des caractères formés de points sur ceux qui sont composés de lignes.